mardi 8 juillet 2008

Gorge 2008: La chicane est pognée

Bon bin, la chicane est pognée. Le Gorge Frenzy (compétition de freestyle) est remis depuis deux jours, à cause de prévisions météo défavorables, qui se sont transformées en deux jours de 20 à 30 noeuds solide au Hatchery. Les compétiteurs sont frustés et les "Hatch Rats" encore plus, car la plupart d'entre-eux n'apprécient pas l'affluence supplémentaire créée par la compétition et ont hâte qu'on en finisse. Un "Hatch Rat", c'est quelqu'un qui passe son été au Hatchery, de 5 heures le matin à 7 heures le soir.

Les prévisions météo du fameux Bart ne sont plus à la radio, et c'est Temira, qui le remplace. Or, Temira est bonne en planche, mais pas très en prévisions météo. En fait, son problème, c'est qu'elle fait souvent ses prévisions la veille, la dernière chose à faire à The Gorge.

Le truc ici pour faire de bonnes prévisions, c'est que tu regardes juste avant l'heure de tombée des prévisions de wind (7h am) la différence de température entre Portland, Hood River et Arlington. Puis tu regardes s'il y a déjà une brise d'ouest d'installée. Et, le plus important, tu regardes les nuages.

Moi, quand je me lève pour le pipi de 5h (celui qui suit ceux de 3h et 1h du matin, ciel que je fais pipi à The Gorge), je regarde si les branches des arbres se font aller. Parfois, les arbres sont déjà pliés en deux, alors y a pas de questions à se poser, Hatchery directo, pour un "dawn patrol". Sinon, je regarde les nuages. Le meilleur c'est quand y a une grosse ligne de nuages bien visible de Viento, avec un ciel dégagé sur Hood River.

Et c'est exactement ce que nous avons eu ces deux derniers jours. Y aller d'une prévision "light wind, go the coast" comme l’a fait Temira tenait du suicide. Comme il faut bien un bouc-émissaire, tout le monde a blâmé cette pauvre Temira qui se serait fait pas mal "bitcher" sur le forum d’Iwindsurf.

Moi, j'éprouve de la sympathie pour cette pauvre Temira. En fait, c'est plus que de la sympathie, c'est que je m'identifie beaucoup à la demoiselle. Imaginez une seconde un Guyt météorologue qui se ferait blaster suite à de mauvais forecasts. Que ferait-il? Je vous entends crier en cœur: "Il bouderait!".

Et c'est exactement ce que Temira a décidé de faire, comme le témoigne son blog, miroir de ses prévisions à la radio:
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Vous savez comment j'adore ma Planchette. Il reste que c'est rassurant de savoir que s'il devait lui arriver quelque chose, l'âme-sœur existe.

lundi 30 juin 2008

Les missions de Planchette

Grosse journée pour Planchette.

On se lève à 6h00, tout contents de voir que les Ouest sont de retour. Il était temps après les trois jours de pétole que nous venons de vivre. Enfin, de presque pétole puisque j’ai pu sauver la journée d’hier grâce à une heure de vent pré-orage. Puis, il y a eu ce vent d’Est avant hier, mais les vents d’Est, ça compte pas vraiment. En effet, la plupart des gens détestant ce vent qui est de la même direction que le courant, les obligeant donc à faire du près, un « no no » ici. Mais bon, faire du près pour un Montréalais, c’est pas la grosse affaire, alors on a eu bin du fun. Quand le vent est devenu plus léger, Planchette a bien montré aux kiteux, avec sa 7.0m, que le light wind ne leur appartient pas.

Revenons à aujoud’hui. On quitte le camping à 6h45, direction Hatchery, 5 milles à l’Est de Viento. Traverse le pont (0,75$), arrive à The Hatch, on constate qu’il ne vente pas. Je boude, car je veux retourner à Viento. Planchette plie, on retraverse le pont (0,75$) puis on revient à Viento.

Je monte une 5.9, Planchette une 4.7. Le vent est Sud-Ouest et sa force est difficile à jauger, le bord de l’eau étant déventé.

Première mission pour Planchette : Wind Dummy. C’est que j’ai peur d’en manquer, je laisse donc Planchette se lancer la première. Bon, tout va bien pour elle, je la suis. Un deux heures de planche potable. Plus tard, on revient au bord. Là, c’est l’émoi ; il y a un disparu. Un pauvre monsieur, incapable de faire son waterstart a dérivé à perte de vue. Sa femme le voit déjà mort.

Deuxième mission pour Planchette. Je réquisitionne ses yeux de lynx. Aidée de jumelles, Planchette voit le naufragé loin sur l’autre rive. Grosse vague de soulagement sur la plage à Viento.

Mais même dans la vie des héros, il y a des moments ordinaires : Planchette nous prépare donc un bon petit lunch dont elle seule a le secret.

Pendant ce temps, je discute avec mon ami Gary, le Californien. Soudain un bruit de voile qui se fracasse sur un arbre. On accourt et on constate que l’incident aura eu raison d’un panneau de monofilm de la voile à Gary. Troisième mission pour Planchette: réparer la voile à Gary avec du Tuck Tape, comme elle seule sais si bien le faire.

Je retourne à l’eau, le vent a viré Nord-Ouest et les conditions sont devenues exécrables, du 5 rafales à 30 nœuds. Une de ces rafales, comme seul Viento peut en produire, me catapulte et occasionne une déchirure de wetsuit. Mais c’est pas grave, j’ai de la colle à wetsuit et Planchette adore accomplir des missions, la preuve, regardez si elle est heureuse:

(photo prise à notre anniversaire de mariage, il y a quelques jours)

dimanche 15 juin 2008

Gorge 2008: Premier matin à The Hatch

Une scène qu’on voit pas souvent, un Hatchery vide le matin à 8h20, alors que c’est des conditions de 5.0 :


En fait, il y a six personnes dans le stationnement, je les connais tous par leur prénoms, ce qui est pour moi tout un exploit, étant incapable de même savoir le numéro de téléphone de mon fils par cœur. D’ailleurs, j’ai eu une petite pensée pour lui, hier, la fête de pères. Je me disais que c’était la 8ième année consécutive que je ne lui donnais pas la chance de m’acheter un cadeau pour la fête des pères. Père manquant, fils économisant. J’ai tout de même compensé en m’achetant un beau quiver de voiles. Test report à venir.

Bon, pour en finir avec le road trip, je suis arrivé à Hood River dimanche 14h30 (heure du Pacifique), alors que j’avais quitté Montréal le jeudi à 8h30. 15 minutes de retard sur l’horaire prévu. Pas si mal, compte tenu des embuches en Iowa. J’ai bien failli subir une autre déviation de route à Des Moines, alors que le niveau de la rivière dépassait de 10 pieds le niveau normal. La vue que j'avais de l'autoroute à Des Moines:


Donc, 4747,8 km plus tard, après 47 heures de route et $576,24 d’essence me voici à The Hatch, tout seul à regarder le swell et à me demander ce que je fais devant mon ordinateur.

See ya on the water!